Histoire de notre église
Vous entrez dans l’Église la plus cachée de Paris.
Construite par les jésuites en 1855
après leur retour en France (l’ordre ayant été supprimé par le Pape, banni par les Bourbon d’Europe), l’Église st Ignace n’avait pas reçu l’autorisation de l’archevêque de Paris d’avoir un parvis, ni d’avoir un clocher.
C’est pour cette raison que vous ne l’avez pas aperçue de la rue.

Eglise St-Ignace au 19ème siècle
Une fois construite, cette église Saint-Ignace a connu une histoire mouvementée :
Trois fois expulsée de France (en 1830, 1880 et 1901), les Jésuites ont perdu cinq des leurs lors des événements de la Commune en 1871 ( ils sont enterrés dans la chapelle de droite).
Mise sous scellée, de 1901 à 1923, l’église est rachetée à l’État. Les Jésuites reçoivent la mission de prendre soin des catholiques de l’Europe de l’Est, réfugiés ou résidant à Paris. Pour cette raison, on l’appela jusqu’en 1961 « l’Église des Étrangers ».

Eglise St-Ignace dans les années 1970
Depuis les années 50, elle devient un lieu de création liturgique anticipant le renouveau du Concile Vatican II, avec notamment les pères Gélineau et Rimaud et l’organiste Jacques Berthier.
En 1972, avec la construction attenante du Centre Sèvres -facultés Jésuites de Paris, l’Église accueille dans son triforium (au dessous des vitraux) les 300 000 ouvrages de la bibliothèque du Centre.
A partir de 2001, l’architecte Jean-Marie Dutilleul repense l’espace liturgique.
L’autel qui représente le Christ, pierre angulaire de l’édifice spirituel, est placé au centre de l’église, à égale distance du lieu de la Parole et de la présidence.
Autour de l’autel, les chaises forment une ellipse rappelant la « mandorle », symbole des tympans romans qui où le Christ est sculpté dans une sorte d’amande, représentant la gloire d’amour de son Père.
Cette configuration de l’assemblée en forme d’ élipse exprime la fameuse phrase de saint Paul : « nous sommes le corps du Christ. »
En 2017 l’église retrouve sa splendeur grâce à la rénov
ation des chapelles latérales et de l’édifice néogothique, alliant la sobriété, l’élan des pierres avec la somptuosité des peintures qui dans un style romantique, évoquent les grandes figures de la Compagnie de Jésus, que nous vous invitons maintenant à découvrir.
REPÈRES CHRONOLOGIQUES
17 octobre 1855 : Pose de la première pierre de la construction de l’église Saint-Ignace
1er janvier 1858 : Inauguration de l’église Saint-Ignace.
24-26 mai 1871 : Pendant l’épisode de la Commune, les Pères jésuites Ducoudray, de Bengy, Clerc, Olivaint et Caubert sont exécutés.
29 juin 1880 : Suite aux décrets Ferry, des scellés sont apposés sur la porte, et les prêtres sont expulsés.Juillet 1884Réouverture progressive de l’église.
1890 : Reprise entière de l’occupation de l’église et des bâtiments autour.
29 septembre 1901 : Suite aux lois Waldeck-Rousseau, l’église est fermée et les jésuites dispersés.
14 novembre 1923 : Une première messe est célébrée.
1924- 1951 : Le service reprend de façon régulière et l’église s’appelle désormais « l’église des étrangers », avec des messes en langues étrangères.
1961 : L’église devient « La chapelle Saint-Ignace » rattachée à la paroisse Saint-Sulpice.
1972 : Destruction des anciens bâtiments autour de l’église pour construire le Centre Sèvres et les locaux de la Communauté jésuite.
3 décembre 1974 : Un incendie ravage la bibliothèque en construction au-dessus de l’église détruisant ou endommageant plusieurs milliers de volumes encore en caisses.
2001 : Réaménagement de l’espace liturgique.
2012 : Dernière restauration de l’orgue.