Dans l’adoration des bergers de Georges De la tour, il y a du silence.

Au centren l’enfant à les yeux fermés et recueille toute l’attention des 5 personnes recueillies autour de lui ; elles forment comme une couronne un demi cercle. Qui sont-ils ? on reconnaît Marie, Joseph, les bergers en adoration devant Jésus. Ce sont de  simples paysans tel que la tour a pu en connaître dans sa Lorraine vers 1644 ; des gens ni très riches ni très pauvres. Ces gens sont entièrement absorbés par le nouveau-né.

Il n’y a pas de bœuf, pas d’ane, pas d’anges, pas d’étoiles. Pas de rayonnement qui émane de l’enfant. Certes l’enfant est irradié de lumière mais seulement grâce à la bougie dont la main de Joseph protège la flamme.

Donc pas de spectaculaire pour guider notre prière. Mais le ressenti est beaucoup plus profond que le spectaculaire. Ce tableau est la traduction de la parole de l’ange :  « Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau né emmaillotté et couché dans une mangeoire ». Un bébé ordinaire au milieu de gens ordinaires

Ce bébé ressemble à une petite momie emprisonnée dans son emmaillotement comme c’était l’usage au 17e. C’est un enfant endormi, ailleurs, absent au monde qui l’entoure, un enfant qui ne nous fait même pas le cadeau d’un regard, comme dans tant de crêches. Mais au cœur de cette absence, il y a une présence, une présence que La Tour arrive à rendre palpable par l’intensité des regards concentrés sur l’enfant, par la lumière qui l’enveloppe tout entier. Nous sommes pris dans le mystère du Dieu incognito qui vient sans bruit. C’est si intense.

C’est intense pour les 5, mais pour l’un d’entre eux, cependant, c’est différent. Celui qui sans doute est le plus éloigné, ce berger central qui reste dans la pénombre, est présent certes physiquement (il fait même le geste d’enlever son bonnet en signe de salutation, il a interrompu le chant de son pipeau) mais on a l’impression son attitude a quelque chose de différent. Il esquisse un sourire, mais quand on regarde bien, ce n’est pas sur l’enfant que ses yeux sont fixés, mais sur l’agneau qui allonge le museau pour brouter un peu d’herbe qui dépasse le lit du bébé. C’est l’agneau qui amuse le berger, mais il est distrait et donc étranger au mystère. La Tour a voulu peindre un berger qui ne participe pas au mystère, qui s’empêche de descendre au plus profond de lui-même, là où l’enfant est venu pourtant le rejoindre.

En effet, les bergers qui regardent l’enfant découvrent en eux-mêmes une attente qu’ils ne soupçonnaientt pas. Leur main continue à faire ce qu’ils devaient faire : le jeune homme maintient son bâton la jeune femme entoure la jatte qu’elle apporte. Mais leur visage s’ouvre à l’inconnu. Leur visage est ailleurs.

Joseph regarde l’enfant, sa main maintient la bougie droite,  l’autre main a empêché le vent d’éteindre la flamme. Joseph est descendu au plus profond de son être. Son visage s’illumine d’un bonheur secret. Saint Joseph, le père nourricier du Christ, est celui qui cache la divinité du Fils au cours de son enfance avant qu’elle ne soit révélée, comme il cache de sa main la flamme de la bougie, symbole de l’espérance d’Israël.

Marie regarde l’enfant en prière. Elle est toute dans le mystère.L’ombre portée de ses mains jointes dessine sur son cœur une aile rouge sombre : une colombe :signe que l’Esprit est venu la couvrant de son ombre. Le rouge de sa robe ample, typique des femmes venant d’accoucher rappelle la prophétie de Siméon : « Ton âme sera transpercé par un glaive ». Marie est comme en retrait , mais cette robe immense rouge du sang de l’amour et de la vie la ramène vers le centre du tableau.

La Tour aime les détails minuscules qui donnent le sens profond.

L’agneau gourmand qui distrait le berger du fond et sans doute une allusion à l’Agneau de Dieu

La gerbe de blés fait référence au pain de vie. Jusqu’à l’ombre en forme de trèfle rouge sombre peut-être un symbole trinitaire.

La Tour puise cette vision dans la spiritualité franciscaine dont était nourri dans sa Lorraine natale

l’Enfant nous attire à l’intérieur du cercle. La lumière qui baigne le tableau nous renvoie à la flamme qui habite notre sanctuaire intérieur là où se dessine notre vrai. La qualité de ce silence appelle à une conversion du regard que rien ne vienne plus détourner notre regard de l’essentiel

Quelque chose a résonné très profondément en Georges de la Tour, assez profondément pour que son pinceau arrive à nous le communiquer en cette nuit de Noël.

P. Nicolas Rousselot, d’après E. Gondinet-Wallstein (Noël sous le regard des peintres, Mame, 1996)

Dans l’adoration des bergers de Georges De la tour, il y a du silence.

Au centren l’enfant à les yeux fermés et recueille toute l’attention des 5 personnes recueillies autour de lui ; elles forment comme une couronne un demi cercle. Qui sont-ils ? on reconnaît Marie, Joseph, les bergers en adoration devant Jésus. Ce sont de  simples paysans tel que la tour a pu en connaître dans sa Lorraine vers 1644 ; des gens ni très riches ni très pauvres. Ces gens sont entièrement absorbés par le nouveau-né.

Il n’y a pas de bœuf, pas d’ane, pas d’anges, pas d’étoiles. Pas de rayonnement qui émane de l’enfant. Certes l’enfant est irradié de lumière mais seulement grâce à la bougie dont la main de Joseph protège la flamme.

Donc pas de spectaculaire pour guider notre prière. Mais le ressenti est beaucoup plus profond que le spectaculaire. Ce tableau est la traduction de la parole de l’ange :  « Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau né emmaillotté et couché dans une mangeoire ». Un bébé ordinaire au milieu de gens ordinaires

Ce bébé ressemble à une petite momie emprisonnée dans son emmaillotement comme c’était l’usage au 17e. C’est un enfant endormi, ailleurs, absent au monde qui l’entoure, un enfant qui ne nous fait même pas le cadeau d’un regard, comme dans tant de crêches. Mais au cœur de cette absence, il y a une présence, une présence que La Tour arrive à rendre palpable par l’intensité des regards concentrés sur l’enfant, par la lumière qui l’enveloppe tout entier. Nous sommes pris dans le mystère du Dieu incognito qui vient sans bruit. C’est si intense.

C’est intense pour les 5, mais pour l’un d’entre eux, cependant, c’est différent. Celui qui sans doute est le plus éloigné, ce berger central qui reste dans la pénombre, est présent certes physiquement (il fait même le geste d’enlever son bonnet en signe de salutation, il a interrompu le chant de son pipeau) mais on a l’impression son attitude a quelque chose de différent. Il esquisse un sourire, mais quand on regarde bien, ce n’est pas sur l’enfant que ses yeux sont fixés, mais sur l’agneau qui allonge le museau pour brouter un peu d’herbe qui dépasse le lit du bébé. C’est l’agneau qui amuse le berger, mais il est distrait et donc étranger au mystère. La Tour a voulu peindre un berger qui ne participe pas au mystère, qui s’empêche de descendre au plus profond de lui-même, là où l’enfant est venu pourtant le rejoindre.

En effet, les bergers qui regardent l’enfant découvrent en eux-mêmes une attente qu’ils ne soupçonnaientt pas. Leur main continue à faire ce qu’ils devaient faire : le jeune homme maintient son bâton la jeune femme entoure la jatte qu’elle apporte. Mais leur visage s’ouvre à l’inconnu. Leur visage est ailleurs.

Joseph regarde l’enfant, sa main maintient la bougie droite,  l’autre main a empêché le vent d’éteindre la flamme. Joseph est descendu au plus profond de son être. Son visage s’illumine d’un bonheur secret. Saint Joseph, le père nourricier du Christ, est celui qui cache la divinité du Fils au cours de son enfance avant qu’elle ne soit révélée, comme il cache de sa main la flamme de la bougie, symbole de l’espérance d’Israël.

Marie regarde l’enfant en prière. Elle est toute dans le mystère.L’ombre portée de ses mains jointes dessine sur son cœur une aile rouge sombre : une colombe :signe que l’Esprit est venu la couvrant de son ombre. Le rouge de sa robe ample, typique des femmes venant d’accoucher rappelle la prophétie de Siméon : « Ton âme sera transpercé par un glaive ». Marie est comme en retrait , mais cette robe immense rouge du sang de l’amour et de la vie la ramène vers le centre du tableau.

La Tour aime les détails minuscules qui donnent le sens profond. L’agneau gourmand qui distrait le berger du fond et sans doute une allusion à l’Agneau de Dieu. La gerbe de blés fait référence au pain de vie. Jusqu’à l’ombre en forme de trèfle rouge sombre peut-être un symbole trinitaire. La Tour puise cette vision dans la spiritualité franciscaine dont était nourri dans sa Lorraine natale

l’Enfant nous attire à l’intérieur du cercle. La lumière qui baigne le tableau nous renvoie à la flamme qui habite notre sanctuaire intérieur là où se dessine notre vrai. La qualité de ce silence appelle à une conversion du regard que rien ne vienne plus détourner notre regard de l’essentiel

Quelque chose a résonné très profondément en Georges de la Tour, assez profondément pour que son pinceau arrive à nous le communiquer en cette nuit de Noël.

Dans l’adoration des bergers de Georges De la tour, il y a du silence.

Au centren l’enfant à les yeux fermés et recueille toute l’attention des 5 personnes recueillies autour de lui ; elles forment comme une couronne un demi cercle. Qui sont-ils ? on reconnaît Marie, Joseph, les bergers en adoration devant Jésus. Ce sont de  simples paysans tel que la tour a pu en connaître dans sa Lorraine vers 1644 ; des gens ni très riches ni très pauvres. Ces gens sont entièrement absorbés par le nouveau-né.

Il n’y a pas de bœuf, pas d’ane, pas d’anges, pas d’étoiles. Pas de rayonnement qui émane de l’enfant. Certes l’enfant est irradié de lumière mais seulement grâce à la bougie dont la main de Joseph protège la flamme.

Donc pas de spectaculaire pour guider notre prière. Mais le ressenti est beaucoup plus profond que le spectaculaire. Ce tableau est la traduction de la parole de l’ange :  « Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau né emmaillotté et couché dans une mangeoire ». Un bébé ordinaire au milieu de gens ordinaires

Ce bébé ressemble à une petite momie emprisonnée dans son emmaillotement comme c’était l’usage au 17e. C’est un enfant endormi, ailleurs, absent au monde qui l’entoure, un enfant qui ne nous fait même pas le cadeau d’un regard, comme dans tant de crêches. Mais au cœur de cette absence, il y a une présence, une présence que La Tour arrive à rendre palpable par l’intensité des regards concentrés sur l’enfant, par la lumière qui l’enveloppe tout entier. Nous sommes pris dans le mystère du Dieu incognito qui vient sans bruit. C’est si intense.

C’est intense pour les 5, mais pour l’un d’entre eux, cependant, c’est différent. Celui qui sans doute est le plus éloigné, ce berger central qui reste dans la pénombre, est présent certes physiquement (il fait même le geste d’enlever son bonnet en signe de salutation, il a interrompu le chant de son pipeau) mais on a l’impression son attitude a quelque chose de différent. Il esquisse un sourire, mais quand on regarde bien, ce n’est pas sur l’enfant que ses yeux sont fixés, mais sur l’agneau qui allonge le museau pour brouter un peu d’herbe qui dépasse le lit du bébé. C’est l’agneau qui amuse le berger, mais il est distrait et donc étranger au mystère. La Tour a voulu peindre un berger qui ne participe pas au mystère, qui s’empêche de descendre au plus profond de lui-même, là où l’enfant est venu pourtant le rejoindre.

En effet, les bergers qui regardent l’enfant découvrent en eux-mêmes une attente qu’ils ne soupçonnaient pas. Leur main continue à faire ce qu’ils devaient faire : le jeune homme maintient son bâton la jeune femme entoure la jatte qu’elle apporte. Mais leur visage s’ouvre à l’inconnu. Leur visage est ailleurs.

Joseph regarde l’enfant, sa main maintient la bougie droite,  l’autre main a empêché le vent d’éteindre la flamme. Joseph est descendu au plus profond de son être. Son visage s’illumine d’un bonheur secret. Saint Joseph, le père nourricier du Christ, est celui qui cache la divinité du Fils au cours de son enfance avant qu’elle ne soit révélée, comme il cache de sa main la flamme de la bougie, symbole de l’espérance d’Israël.

Marie regarde l’enfant en prière. Elle est toute dans le mystère. L’ombre portée de ses mains jointes dessine sur son cœur une aile rouge sombre : une colombe :signe que l’Esprit est venu la couvrant de son ombre. Le rouge de sa robe ample, typique des femmes venant d’accoucher rappelle la prophétie de Siméon : « Ton âme sera transpercé par un glaive ». Marie est comme en retrait , mais cette robe immense rouge du sang de l’amour et de la vie la ramène vers le centre du tableau.

La Tour aime les détails minuscules qui donnent le sens profond. L’agneau gourmand qui distrait le berger du fond et sans doute une allusion à l’Agneau de Dieu.La gerbe de blés fait référence au pain de vie. Jusqu’à l’ombre en forme de trèfle rouge sombre peut-être un symbole trinitaire. La Tour puise cette vision dans la spiritualité franciscaine dont était nourri dans sa Lorraine natale

l’Enfant nous attire à l’intérieur du cercle. La lumière qui baigne le tableau nous renvoie à la flamme qui habite notre sanctuaire intérieur là où se dessine notre vrai. La qualité de ce silence appelle à une conversion du regard que rien ne vienne plus détourner notre regard de l’essentiel. Quelque chose a résonné très profondément en Georges de la Tour, assez profondément pour que son pinceau arrive à nous le communiquer en cette nuit de Noël.

P. Nicolas Rousselot sj (d’après E. Gondinet Wallstein, Noël sous le regard des peintres, Mame 1996)

PRIERE UNIVERSELLE NUIT DE NOEL 2025

(célébrant) Seigneur, nous nous relions maintenant au miliard de croyants qui fêtent ta venue en notre chair. Nous nous relions aussi à tout le monde habité, qui aspire à tant de paix et d’unité. Ecoute notre prière :

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Dans le tableau de Georges de la Tour, nous voyons des visages concentrés, en prière intense, autour de ce petit bébé endormi. Fais Seigneur que tous les croyants soient saisis, en cette nuit de Noël, par cette venue de Dieu, si discrète, si inattendue et si belle, nous te prions Seigneur.

Dans ce tableau, parmi ceux qui sont tout autour de l’enfant Dieu, un berger manifestement est en recul des autres, car par distraction, il n’est pas pris dans le mystère. Nous te prions Seigneur pour tous ceux qui sont distraits de la vraie vie, notamment à cause des écrans et des promesses éphémères qui rendent finalement malheureux. Qu’en cette nuit de Noël, beaucoup de nos contemporains se demandent en eux-mêmes : « Mais quel est donc le sens de notre passage sur la terre ? Comment voudrais-je le réussir ? ».  Inspire-les, Seigneur ! Inspire-nous !

Dans le tableau, nous voyons Saint-Joseph tenir une bougie d’une main, tandis que l’autre main protège la flamme. Seigneur, en cette nuit, nous te demandons d’éclairer tant de nos frères et soeurs qui manquent de chaleur, de protection, de soutien, d’espérance. Que cette nuit nous détermine encore plus, pour devenir des nouveaux Saint-Joseph, des personnes patientes et très humbles, des personnes persévérantes, pour porter ta lumière à ceux qui en manque cruellement, nous te prions Seigneur.

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(célébrant) Seigneur, tu nous vois si nombreux rassemblés. Parmi nous, certains viennent peu te prier, mais ce soir, ils ouvrent leur cœur, en ton eucharistie, toi Dieu de vie, pour les siècles des siècles.