CHEMIN DE CROIX DES FEMMES DE L’EVANGILE

inspiré du Chemin de croix des femmes de J. P. Cazes (Salvator)

Première station

Jésus est condamné à mort

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon saint Matthieu au chapitre 27

Tandis que Pilate siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »

Pilate prit de l’eau et se lava les mains devant la foule en disant : «  Je suis innocent du sang de cet homme, cela vous regarde ! Tout le monde répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » Alors il relâcha Barabas. Quant à Jésus, il le fit flageller et il le livra pour qu’il soit crucifié

Je suis Procula, l’épouse de Pilate. J’ai entendu parler de Jésus. Je sais qu’il est d’une humble origine. Est-il le fils de David, comme l’a proclamé la foule ces jours derniers ? Ce que je sais, c’est que depuis 3 ans, il fait du bien autour de lui. Jamais il n’a mis en péril la présence romaine. S’il est Fils de David, le pouvoir ne semble pas l’intéresser. Ce qui l’intéresse, c’est le bonheur des plus pauvres et la justice. Pourquoi faudrait-il condamner un homme qui fait du bien ? J’ai demandé à mon époux de ne pas entrer dans ces querelles qui ne regardent pas les romains. Je lui ai même dit la nuit dernière, que mes rêves ont tourné en cauchemar à cause de Jésus. Comment se fait-il que moi, une romaine, je sois si tourmentée par le sort de ce juste ?

Ô Christ, accorde-nous la grâce d’accueillir la vérité.

 

Deuxième station

 Jésus est chargé de sa croix

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon Jean au chapitre 19 :

 Et Jésus portant sa croix, sortit en direction du lieu-dit le crâne ou calvaire qui se dit en hébreu Golgotha.

Moi, Je ne suis qu’une servante, j’étais dans la cour du Palais du Grand Prêtre, le soir où Jésus a été amené. Il faisait froid, un feu était allumé. De loin, j’ai pu suivre les discussions terribles. Beaucoup de témoignages l’accusaient, mais rien ne concordait. Et d’ailleurs de quoi était-il accusé ? J’ai voulu en savoir plus sur ce Jésus. Un de ceux qui l’accompagnaient est venu se chauffer dans la cour. Mais quand j’ai commencé à lui poser des questions, de façon directe, même un peu agressive, il a énergiquement affirmé ne pas connaître cet homme. Je suis troublée et déçue. Je pensais que ses disciples prendraient sa défense, qu’ils auraient la force de leur maître, mais c’est l’inverse qui se produit.

Ô Christ, donne-nous le courage d’être tes témoins

3e station

 Jésus tombe pour la première fois

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Du prophète Isaïe au chapitre 53

En fait, c’était nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé, le châtiment qui nous donne la paix à peser sur lui

Moi, je suis la femme adultère. Je savais que selon notre loi, je risquais la mort. Mais mon mari n’a jamais fait attention à moi. Eh oui, j’ai commis l’adultère. Et j’ai été traînée comme une bête de somme devant un homme que je ne connaissais pas. Mes accusateurs avaient l’air de le reconnaître… Mais lui, il se taisait . Sous mes yeux, alors qu’on m’avait poussée et que j’étais à terre, il dessinait. J’étais si certaine d’être lapidée que je n’ai pas suivi leur conversation. Puis il s’est redressé, il m’a relevé. Les autres avaient disparu sans proférer de condamnation. Alors avec un grand regard que je n’oublierai jamais, il m’a dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va et désormais, ne pèche plus ». Il m’a relevé, et c’est lui maintenant qui est tombé!

Ô Christ, donne la force à ceux qui sont tombés de pouvoir se relever

 4e station

Jésus rencontre sa mère.

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon saint Luc au chapitre 2

Siméon les bénit puis il dit à Marie sa mère : voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction. Et toi, ton âme sera transpercée d’un glaive. Ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre (…) Sa mère gardait dans son cœur tous ses événements

Je suis Salomé, femme de Zébédée, mère des apôtres Jacques et Jean. Dans la foule, je cherche mes fils du regard, mais je ne les vois pas. Je me suis retrouvée avec quelques autres femmes auprès de Marie, la mère de Jésus. Elle est admirable de dignité dans sa souffrance. Un jour elle m’a dit avoir gardé en son cœur, sans bien les comprendre, les paroles de Siméon, un homme juste qui attendait dans le temple la consolation d’Israël. Il avait pris l’enfant dans ses bras, avait béni notre Dieu et déclaré à Marie : «  Un glaive de transpercera l’âme ! » Il y a quelques instants, la mère et le fils, poussés par la foule, se sont trouvés très proches l’un de l’autre. Ah, le regard de Marie ! Elle venait de comprendre la portée des paroles de Siméon. Mais les soldats l’ont repoussée.

Ô Marie, sois présente aux mères éprouvées.

5e station

Simon de Cyrène

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon saint Luc au chapitre 23

Comme ils l’emmenaient, il prit un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs et le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus

Je suis la femme de Simon de Cyrène. Je lui avais dit : « Tiens-toi à l’écart de ce qui se passe en ce moment à Jérusalem, ne t’embête pas, pense à ton travail, pense à nos fils Alexandre et Rufus, pense aussi à moi ! Tu es étranger, ne te fais surtout pas remarquer par les soldats. Quand tu rentreras des champs, fais un détour, ne passe pas près de la résidence du gouverneur. » Mais non, il a fallu qu’il s’en mêle, Il a fallu qu’il se fasse prendre avec ce Jésus. On ne sait pas qui c’est. Certains disent qu’il est le fils de David, mais alors, il devrait avoir des gardes qui se battent pour lui. Et mon Simon a été remarqué par les soldats, car c’est vrai qu’il est fort. Il a pris sur son dos la croix de ce pauvre garçon, et il est revenu bouleversé à la maison. Je n’ai pas compris mais depuis, il n’est plus le même, mon Simon.

Ô Christ, rends nous disponibles à nos frères en détresse.

6e station

Véronique essuie le visage de Jésus

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Du psaume 26 :

Mon cœur m’a redit ta parole chercher ma face. C’est ta face Seigneur que je cherche, ne me cache pas ta face. Tu restes mon secours. Ne me laisse pas, ne m’abandonne pas, Dieu, mon salut.

Je ne suis pas mentionnée par les évangélistes mais pendant de longs siècles, les chrétiens d’Orient ont vénéré la « vera icona », la vraie image du visage du Christ qui se serait imprimée sur un linge, au cours de la Passion. Les croisés ont rapporté en Occident cette croyance populaire et « vera icona » est devenue Véronica, une femme : Véronique. Suis-je une légende, ai-je vraiment existé ? Peu importe ce qu’on croit de moi. Je sais seulement que le visage torturé de mon Seigneur s’est imprimé en moi de façon définitive, comme il devrait s’imprimer de façon définitive dans tous les cœurs sincères. Thérèse la jeune carmélite de Lisieux a choisi de se nommer Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la sainte face. En adoptant ce nom, nous sommes devenues sœurs. Moi je ne souhaite qu’une chose, disparaître pour laisser briller dans toutes les nuits du monde le visage de mon Seigneur.

Ô Christ, fais de nous les messagers de ton amoureuse passion

 

 

7e station

Jésus tombe pour la seconde fois

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon saint Matthieu au chapitre 15.

Une femme vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur, mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître. »

Au nord du Pays, dans le territoire de Sidon où Jésus était venu se reposer, je suis la femme cananéenne qui est venue se prosterner devant lui en lui demandant de guérir ma fille. Mais Jésus m’a répondu en me disant des mots pas très agréables, en comparant les non juifs, les païens, à des petits chiens. Mais je ne me suis pas laissée démonter. J’avais confiance en lui. Je lui ai dit que j’étais capable comme les petits chiens de m’abaisser pour ramasser seulement des miettes du festin promis à Israël . S’il avait fallu, je serais descendue encore plus bas pour la vie de mon enfant. Pour elle, j’ai accepté ces paroles qui m’ont parues bien dures, pour elle, je me suis humiliée. Mais je vois aujourd’hui que Jésus est tombé encore plus bas que moi. Si moi, j’ai fait ça par amour pour ma fille, pour quel amour lui, tombe-t-il si bas?

Ô Christ, pardon pour nos rechutes. Pardon pour notre inconstance.

8ème station

Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon saint Luc au chapitre 23

Le peuple en grande foule le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaientt sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants. Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra alors l’arbre sec ? »

Nous sommes le groupe des femmes pleureuses. Notre confrérie a la charge de soutenir les condamnés, en pleurant auprès d’eux et en chantant les lamentations rituelles. C’est notre façon de témoigner de la miséricorde de notre Dieu. Aujourd’hui, ce n’est pas un jour comme les autres. En chemin, ce rabbi condamné nous a dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas pour moi, mais pleurez sur vous-mêmes et vos enfants. ». La façon dont il nous a regardées nous a troublées. Certaines d’entre nous en ont été tellement marquées qu’elles ont quitté le cortège. Moi j’ai hésité puis j’ai continué, et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Comme si j’avais reçu le don des larmes. Depuis, je ne suis plus la même.

Ô Christ, Fais de nous des êtres de compassion

 

 

9e station

Jésus tombe pour la troisième fois

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon saint Matthieu au chapitre 11

Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui mon joug est facile à porter et mon fardeau léger

Je suis la femme dont on parle dans l’Évangile et qui a été guérie par Jésus de ses pertes de sang, dans la foule. Je pensais que Dieu me punissait de mes fautes car les traitements des médecins n’arrivaient pas à arrêter ce flux perpétuel. Lorsque j’ai entendu parler de Jésus de Nazareth, je n’avais plus rien à perdre. Malgré la foule, je me suis précipitée pour le rencontrer ; je me disais : si je pouvais effleurer ne serait-ce que le bord de son manteau, là où se trouvent les franges rituelles, je serai guérie. À demi consciente, je ne sais pas comment je suis parvenue jusqu’à lui et j’ai touché le bord de son vêtement. Il s’est fait un grand calme dans ma tête comme dans mon corps, une paix, un silence. Il m’a dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvé va en paix et sois guérie de ton mal! » C’est ce qui est arrivé, mon sang a cessé de couler. Mais c’est lui, Jésus, qui perd son sang aujourd’hui . Et je me demande : faut-il qu’il perde son sang pour que nous puissions garder le nôtre ? faut-il qu’il perde son sang pour que nous puissions garder le nôtre pour toujours ?

O Christ, prends pitié de ceux qui sont affligés d’un mal sans remède

10e station

Jésus est dépouillé de ses vêtements

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix
.

De l’Évangile selon Saint-Jean au chapitre 19

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits, ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique. C’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors, ils dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort qui l’aura ».

Je ne suis qu’une pécheresse, mais une pécheresse pardonnée. Je ne suis pas digne d’être présente mais je me suis faufilée dans la foule. Il m’a tant donné. Il m’a fait tant de bien. Il m’a rendu ma dignité de femme le soir ou là encore, je m’étais faufilée chez Simon le pharisien qui donnait un banquet en l’honneur de Jésus. Simon m’avait repéré mais je ne sais pourquoi, il ne m’avait pas chassé ; j’en avais profité pour m’approcher de Jésus et lui laver les pieds, les couvrant de parfum et les essuyant de mes cheveux. Si vous aviez entendu le ton de mépris avec lequel Simon le pharisien avait parlé de moi ! Mais quand Jésus a ouvert la bouche, il m’a rendu ma dignité de femme. Il m’a dit : « Tes péchés sont pardonnés ». C’est comme si j’étais devenu reine . Mais aujourd’hui c’est lui qui est dépouillé des vêtements, c’est lui qui est dépouillé de sa royauté.

O Christ, prends pitié de ceux qui ont été abusés

11e station

Jésus est cloué à la croix

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon saint Matthieu au chapitre 27

Alors on crucifie avec lui deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche. Les passants l’injuriaient en hochant la tête. Ils disaient : « Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même si tu es fils de Dieu et descends de la Croix ! » De même les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens.

Je suis Marie, mère de Jacques et de Joseph. Il n’y a plus que nous les femmes au pied de la croix. Marie sa mère et aussi Marie de Magdala, Salomé et moi. Nous avons suivi Jésus depuis qu’il a commencé à nous parler du royaume. Nous l’avons suivi en Galilée en le servant comme nous le pouvions. Nous ne risquons pas grand-chose ici, nous ne sommes pas un danger pour les soldats. Ne pas le quitter, être là c’est tout ce que nous pouvons faire. Lui montrer notre fidélité, notre tendresse et l’entourer lui, mieux qu’il ne l’est par les deux bandits crucifiés en même temps que lui. Et entourer sa mère. Pleurer avec elle.

O Christ, prends pitié de ceux qui sont torturés

12e station

Jésus meurt sur la croix

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon saint Jean au chapitre 19

Sachant que désormais toute chose était accomplie et pour que l’écriture s’accomplit jusqu’au bout, Jésus dit : « j’ai soif ». Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope et on l’approcha de sa bouche. Quand il eu pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

Je suis la femme de Samarie. Voilà plusieurs années j’étais venue me désaltérer en plein midi au Puits de Jacob et c’est lui, Jésus, qui m’a donné de l’eau vive. Depuis, cette eau ne cesse de couler en moi. Il m’avait dit : « Ce sont de vrais adorateurs que recherchent le Père : des adorateurs en esprit et en vérité. » Et je comprends en le voyant offrir sa vie sur la croix, en le voyant si démuni, si offert à son Père. Je comprends en même temps qu’en lui, réside la plénitude de la divinité. Et ce n’est plus à Jérusalem ni sur le monde Garizim qu’il faut se rendre, mais c’est vers lui, c’est en lui. Voilà pourquoi depuis que je l’ai rencontré au Puits de Jacob, l’eau qu’il m’a donné est devenue en moi une source jaillissante en vie éternelle.

O Christ, prends pitié de ceux qui sont en fin de vie

 

 

13e station

Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

De l’Évangile selon saint Luc, au chapitre 23

C’était le vendredi et déjà brillait la lumière du sabbat. Les femmes qui accompagnaient Jésus depuis la Galilée suivaient Joseph. Elles regardaient le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

Voici Marie qui parle. « Mon enfant, mon fils, j’ai déjà perdu ton père Joseph, il faut que je te perde aussi ! Tu m’as été remis par l’ange et je t’ai reçu dans mon corps, dans mes bras. Aujourd’hui tu m’es remis descendant de la croix et je te tiens à nouveau dans mes bras. Ce chemin de croix que tu as parcouru, je le parcours depuis ta naissance. Je n’ai cessé de craindre pour toi. Mais je n’ai jamais voulu t’empêcher de suivre ta voie, depuis que tu nous as dit à ton père et à moi : « Ne savez-vous pas que je suis consacré aux affaires de mon père ? » Il a fallu t’aimer comme tu es, t’aimer avec la mission qui est la tienne. Alors à tes côtés, j’ai parcouru le chemin de ta vie jusqu’à cette colline du Golgotha ou plus que jamais, tu ne m’appartiens plus. Et là depuis quelques instants, j’ai pu entendre ta voix très faible demander à l’apôtre Jean de prendre soin de moi, et tu m’as confié ce jeune apôtre. Il faut que je te laisse partir pour que tu puisses parcourir ton chemin tout entier jusqu’au Père d’où tu viens et où tu retournes. Mon fils et mon Dieu !

O Christ, prends pitié des mères qui ont perdu leur enfant.

 

14e station

Jésus est mis au tombeau

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons
car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix
.

De l’Évangile selon saint Matthieu au chapitre 27

Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla.  Or, Marie-Madeleine et l’autre Marie était là, assises en face du sépulcre.

Je suis Marie de Magdala, celle qu’on nomme Marie-Madeleine. Il m’a libérée de sept démons c’est-à-dire de la totalité de mon mal. Depuis je n’ai pas cessé de le suivre et de l’aimer. Non comme une mère ni comme une épouse, mais comme une véritable sœur. Sans lui, je n’ai plus de but, je n’ai plus de points de référence. Il était mon chemin, ma vérité, et ma vie. Qui pourrais-je suivre maintenant ? Maintenant que la grosse pierre ronde va se refermer à jamais, ma vie n’a plus aucun sens. Je n’ai plus qu’une chose à faire : revenir accomplir les rites, après le Sabbat. Ce sera ma seule et unique consolation.

O Christ, prend pitié de ceux qui ont perdu l’espérance.

 

A toi, Jésus, présence cachée et victorieuse dans l’histoire du monde,
honneur et gloire pour les siècles des siècles, Amen.