Visite

Certaines chapelles latérales sont dédiées à des Saints jésuites:

L'ensemble laisse voir un souci didactique cohérent: l'audace apostolique des Xavier, des Régis et (des) autres, aux quatre coins du monde, leur fidelité obscure ou leur héroïsme, ont leur origine dans l'expérience mystique du fondateur, Saint-Ignace de Loyola.

Saint Ignace  ESI-mosaique-lessaints Saint François Xavier  Les-saints-jesuites-Francois-Xavier

Les Saints François
 IMG 6140 Les trois jeunes saints  IMG 6156
Les Saints apostoliques saint pierre favre Les martyrs IMG 6184
La Sainte Vierge  IMG 0509 La restauration  Restauration 

                                 

 « C’est l’Eglise qui fait l’eucharistie et c’est l’Eucharistie qui fait l’Eglise ».

En 1960, un réaménagement très important de l’espace liturgique dans le chœur de l’église permet de valoriser les trois lieux de l’action liturgique : l’autel, l’ambon de la Parole et le siège de la présidence.

Les Pères Gouet, Gelineau et Tézé travaillent à la conception de cet aménagement. Le style est très sobre, la pierre est le matériau qui fait l’unité de ces lieux. Ces changements témoignent du renouveau liturgique que le Concile Vatican II inscrira comme orientation pour l’Eglise universelle : la messe face au peuple, la proclamation de la Parole de Dieu, la présidence comme lieu d’action liturgique distinct de l’autel.

A partir de mars 2001, quarante ans après, un nouvel aménagement de l’espace de célébration est expérimenté puis installé durablement en mars 2003. Sous l’impulsion du Père Furnon, appuyé par le Père Gelineau et conseillé par le Père Faure, les architectes proposent un projet qui permette de signifier que la communauté chrétienne est réunie par et autour de la Parole et de l’eucharistie.

« C’est l’Eglise qui fait l’eucharistie et c’est l’Eucharistie qui fait l’Eglise ».

L’autel est placé sur l’axe central, au milieu de la nef de l’église, permettant ainsi aux chrétiens rassemblés de l’entourer. La présidence et l’ambon sont adossés aux piliers et forment triangle avec l’autel. Deux architectes concevront le projet : Messieurs Etienne Tricaud et Jean-Marie Duthilleul ; deux architectes mettront en œuvre ce projet : Messieurs Etienne Tricaud et Benoît Ferré.

Ils ont cherché à faire dialoguer l’organisation contemporaine de l’église et sa dimension néo-gothique du XIX°. Grâce au nouvel espace liturgique, les fidèles ont découvert les chapelles XIX° de l’église qu’ils ne voyaient pas avant ; la chapelle St François Xavier a été restaurée.

Dans cette recherche nous ne pouvions oublier la grande exhortation du Pape Jean XXIII ouvrant le Concile Vatican II : « l’Eglise est un jardin à soigner, plus qu’un musée à conserver ». Chaque génération de chrétiens apporte sa contribution à la vie liturgique et aux espaces liturgiques pour que l’assemblée chrétienne soit vivante et la célébration adaptée au temps. A une même époque, les sensibilités ne sont pas toutes unanimes même si un bon nombre convergent.

Les choix de l’aménagement liturgique à l’église Saint-Ignace correspondent à ce que perçoit aujourd’hui la Compagnie de Jésus dans l’Eglise de France. 

Eglise-Saint-Ignace-orgue

orgue saint ignace

Dernières actualités:

  • Improvisations:

Vincent Hildebrandt, organiste hollandais passionné par les instruments que Paris possède en nombre, est venu en juin 2016 à la tribune du grand orgue Cavaillé-Coll (1891), Haerpfer-Ermann (1977) de l'église Saint-Ignace, dans le 6ème arrondissement de la capitale. Assisté de Jeroen de Haan pour la prise de son, il a donc réalisé quatre vidéos, dans le but de faire découvrir et entendre ce bel instrument, méconnu et atypique. Voici présentement les deux premières, qui ont déjà eté éditées et "publiées" sur la toile. Les deux restantes le seront dans les semaines à venir.

Ecoutons Pierre Queval, organiste titulaire à l'église St-Ignace, improviser à l'orgue:

 

  • Départ:

Philippe Charru, sj a été organiste à l'église St-Ignace pendant 43 ans. Il nous a dit aurevoir le dimanche 2 octobre 2016 aux messes de 18h30 (samedi), 9h30 et 11h.

Historique:

1862. Le premier orgue

L’église Saint Ignace a été dotée d’un premier orgue construit par le facteur belge LORET et inauguré par César Franck et Charles-Alexis Chauvet le 7 novembre 1862.

1891. L'orgue Cavaillé-Coll

Cet instrument n’ayant pas donné entière satisfaction, Aristide CAVAILLÉ-COLL, chargé de son entretien à partir de 1875, ne vit d’autre solution que la construction d’un nouvel instrument. Seul le spacieux buffet du premier orgue fut conservé. Le mémoire général d’achèvement des travaux est daté du 7 Juillet 1891. L’instrument comportait alors trente et un jeux sur deux claviers et un pédalier. Après l’expulsion des jésuites au début du siècle, l’église fut désaffectée. L’orgue resta muet jusqu’en 1923 date à laquelle l’église fut rendue au culte.

1924. Premier relevage

La maison MUTIN fit un relevage complet de l’instrument en 1924, sans aucune modification. Widor y joua pour la dernière fois sa symphonie gothique, au cours d’une série de concerts donnés en 1931.

1947. Nouveau relevage

En 1947, lors d’un nouveau relevage moins heureux, le salicional et le cornet du grand orgue furent remplacés respectivement par un nasard et une tierce. Seuls les tuyaux de basse du salicional posté en façade furent laissés en place, mais devinrent muets.

1975-1977. Restauration générale

Jusqu’en 1975, l’orgue a été joué régulièrement sans interruption. Pourtant dès 1972, son fonctionnement devint de plus en plus défectueux. Une restauration générale s’imposa alors à bref délai pour sauver cet instrument historique. La partie instrumentale de l’orgue CAVAILLÉ-COLL fut inscrite sur l’Inventaire des Monuments Historiques et les travaux confiés au facteur HAERPFERERMAN.

Achevés en Juillet 1977, ces travaux comportaient un relevage complet de l’instrument et l’adjonction d’un troisième clavier Positif de onze jeux. L’orgue restauré fut inauguré par Jean Langlais le 18 Octobre de la même année.

1998. Nouveau relevage

Vingt ans après, un nouveau relevage s’imposait. Les travaux furent confiés aux facteurs Yves KOENIG et Philippe EMERIAU. De février à juin 1998, l’orgue a été entièrement démonté et nettoyé, les pièces usagées remplacées. La mécanique a été revue et le toucher allégé. Au clavier de Grand orgue, le salicional, le cornet et le plein jeu de l’orgue primitif ont été restaurés. Au Positif, le clairon a été remplacé par un jeu de cromorne.

2012. La dernière restauration

La dernière restauration, confiée aux mêmes facteurs d’orgue, a eu lieu de juin à décembre 2012. L’orgue a été entièrement démonté et dépoussiéré. Mais le travail principal a consisté à remettre en peau neuve tous les soufflets et gosiers de l’instrument. Les peaux d’origine en effet présentaient de nombreuses craquelures et des fuites importantes qui nuisaient à l’harmonie et menaçaient de rendre l’orgue muet. Par ailleurs les bobines de tirage de jeux usagées et obsolètes, ont été remplacées.

Cette opération s’est accompagnée de l’installation d’un combinateur. Avec ses pressions d’origine, l’orgue a retrouvé la splendeur de ses ensembles comme de ses couleurs largement diversifiées. La plénitude sonore de l’instrument demeure paisible et parfaitement équilibrée.

Plus d'informations >>>

Les organistes de Saint-Ignace en 2016-2017 sont :

141123 Quatre OrganistesDe gauche à droite Pierre Queval , Pascal Marsault , Simon Cnockaert

L’EGLISE

C’est le Père Magloire Tournesac, chanoine du Mans et architecte diocésain devenu jésuite, qui fut chargé des plans de l’église. Un autre jésuite, frère coadjuteur alsacien, le Frère Siebert, joua le rôle d’entrepreneur général, achetant lui-même les matériaux, embauchant les ouvriers de tous les corps de métier, et surveillant le chantier de bout en bout.

L’édifice suivit la mode, alors plus économique, du néo-gothique qui se répandait alors, ainsi l’église Sainte-Clotilde presque voisine, en voie d’achèvement, pastiche de la cathédrale du Mans. Mais on tint compte aussi des principes de l’architecture « jésuite » de la Contre-Réforme : une seule nef, à la manière du Gesu de Rome, pour faciliter la prédication (1), ceinte d’un déambulatoire bordé de petites chapelles. La longueur est de 50 mètres, la largeur de 23 et la hauteur de 27 sous voûte pour une surface totale de plus de 1000 m2. Mais l’architecte n’oublie pas le symbolisme des chiffres, si cher au Moyen-âge. L’élévation totale du sol à l’arête du toit est de 33 mètres, en souvenir des 33 années de la vie du Christ; les sept arcades et les sept roses du chœur pour rappeler les sept dons du Saint-Esprit ; les trois arcs du narthex en l’honneur de la Sainte Trinité, douze chapelles latérales en l’honneur des douze Apôtres, etc.…

Bien que largement percée de hautes fenêtres (2), la nef est sombre : la lumière ne vient que du chœur et du côté droit, l’immeuble voisin ne laissant passer que peu de clarté sur la gauche. De plus, le triforium latéral qui avait été prévu pour donner sur une galerie éclairée de fenêtres, a été muré dès la construction pour y loger la bibliothèque de la résidence, sauf sur le pourtour du chœur où il reçut les vitraux : il était accessible de la résidence, et un passage, ménagé vers la prison du Cherche-Midi mitoyenne, permettait, dit-on, à des prisonniers d’assister occasionnellement à la messe.

LE CHŒUR

Primitivement fermé sur les côtés par de grandes grilles et sur le devant par une barrière de fer forgé formant table de communion, le chœur s’ornait d’un autel de marbre blanc et de cuivre doré surmonté, au dessus du tabernacle, d’un haut pinacle en forme de flèche de cathédrale.

On sait quel fut, notamment en France pendant les années 1950-1960, le développement du renouveau liturgique, finalement consacré en 1964 par le Concile Vatican II. Entouré d’une équipe de jésuites de haute compétence (le Père Joseph Gelineau, musicien, le Père André Bouler, peintre, et le Père Jean-Marie Tézé, sculpteur, ainsi que Dom Bercher, bénédictin de Ligugé), le Père Pierre Gouet, responsable de l’église, entreprit la rénovation complète du chœur, qui reçut l’agrément de la Commission d’art sacré de l’archevêché en 1961.

Sous le chœur (mais rien ne le signale) sont enterrés les restes du Père Thomas-Olivier de Corret, oncle du fameux La Tour d’Auvergne, le premier grenadier de France. Le Père de Corret (1703-1782), longtemps missionnaire à Quimper, était, après la suppression de la Compagnie, aumônier de la Maison royale de l’Enfant Jésus, devenue ensuite, l’hôpital des Enfants malades. Il y mourut en odeur de sainteté le 17 octobre 1782 et fut enseveli dans la chapelle des Sœurs de l’hôpital. En 1856, son corps fut transféré ici, « derrière le maître-autel, à un mètre sous terre », sous une pierre tombale portant une longue épitaphe.

Suite au réaménagement de l’église en 2001 (voire note plus loin), le chœur s’est transformé en lieu de prière devant le Saint Sacrement conservé dans un tabernacle aux portes de bronze argenté, œuvre du Père Tézé.

LES CHAPELLES LATERALES

En quittant le chœur par la gauche, la première chapelle que l’on rencontre était primitivement dédiée à saint Joseph. Elle accueille aujourd’hui un magnifique confessionnal. Sur les murs latéraux, deux moulages du tympan du portail royal de Chartres : l’Annonciation et la Visitation, et une dalle portant en français le texte du Magnificat.

La deuxième chapelle est consacrée à saint François Xavier (1506-1522). Navarrais d’origine, il rencontre Ignace à Paris en 1530, se convertit et fait partie du groupe des premiers compagnons. En 1541, il s’embarque pour les Indes (la peinture de gauche rappelle la scène). En moins de dix ans, il évangélise tour à tour l’Inde, Ceylan, les Moluques et le Japon. Ce « géant » de la mission meurt épuisé à 46 ans, sur l’île de San Choan, face à la Chine où il rêvait d’apporter l’Évangile (peinture de droite). Canonisé le même jour que saint Ignace – leurs autels se font face – sa statue, en bois peint, comme toutes les autres statues de l’église, le représente en train d’évangéliser un jeune indien.

N’ayant pas en charge les services paroissiaux (baptêmes, mariages, etc.), l’église St-Ignace s’efforce , aujourd'hui,  de perpétuer ce qui a caractérisé, dès l’origine, les églises de la Compagnie de Jésus : la célébration de l’Eucharistie et la prédication, le ministère de la confession, l’ouverture à la mission et aux enjeux du monde, et la formation à la prière, à l’école de son titulaire : saint Ignace de Loyola.

 Plus d'informations >>>

histoire

L'église des jésuites à Paris

Cette église s’est d’abord appelée « église de l’Immaculée Conception ». On l’appelait aussi simplement « église de la rue de Sèvres ». A partir des années 1920, elle devient l’ «église des étrangers », et à partir de 1961, l’ «église Saint-Ignace ». Elle a toujours été l’église des jésuites à Paris, même si, à la fin du XIX° siècle et au début du XX° siècle, les jésuites ont dû quitter les lieux à plusieurs reprises, chassés par le gouvernement.

 

 

1773-1814. Suppression de la Compagnie de Jésus

La Compagnie de Jésus avait été bannie de France par Louis XV et supprimée par le pape en 1773. Mais l’impératrice Catherine II n’applique pas ce décret de suppression, et beaucoup de jésuites sont restés en Russie ou s’y sont réfugiés. Ils constituent ensuite l’embryon du groupe qui reconstitue la Compagnie : en 1814 la Compagnie est rétablie par le pape Pie VII.
Les premiers jésuites qui reviennent en 1814 ne peuvent pas retourner dans leurs communautés : ces lieux ont été vendus, repris par l’Eglise… Le lieu situé rue Saint-Antoine est devenu le lycée Charlemagne, et l’église de l’ancienne Compagnie, très célèbre du temps des grands prédicateurs comme Bourdaloue, est désormais une église diocésaine, l’église Saint- Paul. Il n’est donc pas possible de retourner là-bas.

1821-1858. Les jésuites rue de Sèvres

Les premiers jésuites s’installent donc en 1821 rue de Sèvres. Ils achètent à Nicolas Jourdain, marchand de vin, les maisons des 33 et 35, avec des jardins qui s’étendent jusqu’à la prison du Cherche-Midi (aujourd’hui maison des sciences de l’homme).
En 1830, a lieu la révolution de Juillet. Les jésuites quittent les lieux et se dispersent. Ils reviennent en 1847 et acquièrent les n° 37, 39, 41, 43 de la rue de Sèvres. Ils construisent des bâtiments autour d’une cour centrale, avec l’église et ce qui deviendra le Centre Sèvres.

1858-1870. L'église de l'Immaculée Conception

Dès le début, l’église est cachée par les bâtiments sur la rue, qui ne seront démolis qu’en 1971. La première pierre de l’église est posée le 17 octobre 1855. La construction est financée par des donateurs généreux, dont Napoléon III. L’église est achevée en 1858.
Le Père Tournesac, jésuite, architecte, a fait les plans et suit la mode néogothique. Une seule nef pour faciliter la prédication, avec des petites chapelles. Longueur de l’église : 50 m, largeur : 23 m, hauteur : 27 m, avec une surface de plus de 1000 m².
Pendant la première période, l’église connaît un grand rayonnement. Elle bénéficie de prédicateurs renommés, accueille un public nombreux. Elle organise de belles célébrations, et des groupes naissent autour de l’église. Les congrégations retrouvent un élan important pendant cette période, en lien avec les activités professionnelles (ex : conférence Laënnec).
On y donne des retraites, mais les demandes deviennent très nombreuses, et on décide la construction de la Villa Manrèse en 1876 à Clamart, qui va servir aussi pour les prêtres du diocèse de Paris qui cherchent une direction spirituelle.

1870-1923. La tourmente

Vient alors une grande période de tourmente. En 1870-71, c’est l’époque de la guerre franco-allemande, du siège de Paris et de l’insurrection de la Commune (18 mars–28 mai 1871). Cinq jésuites sont arrêtés et exécutés à la fin de l’insurrection, dont le Père Olivaint, le supérieur. Leurs corps sont ramenés à l’église où ils sont enterrés (chapelle des martyrs japonais).
Les difficultés continuent ensuite : les jésuites sont victimes de mesures discriminatoires du pouvoir anticlérical : décrets Ferry de 1880 qui obligent les jésuites à se disperser. L’église est fermée, louée à un marchand de pianos qui en fait son entrepôt. Six ans après, ce sont les lois Waldeck-Rousseau contre les congrégations. Les jésuites sont une nouvelle fois expulsés de France, et l’église est fermée pendant 22 ans.
La Première Guerre mondiale arrange un peu les relations entre l’Eglise et le gouvernement. Beaucoup de jésuites reviennent en France pour défendre la patrie. Mais on ne rend pas tout de suite les biens aux congrégations.
En 1918, l’administration des domaines affecte cette église à l’œuvre des églises dévastées, œuvre chargée de recueillir les objets, les statues… pris par les Allemands et restitués, en vue de restaurer les paroisses détruites pendant la guerre. L’église est alors un entrepôt pour tous ces objets.

1923-1950. L'église des étrangers

En 1923, les choses évoluent. L’archevêque de Paris, le cardinal Dubois, obtient que l’église soit affectée au culte pour les différentes communautés étrangères de Paris. Il demande aux jésuites de s’occuper de cette mission.
L’église devient alors l’église des étrangers. Il faut d’abord la remettre en état. On y célèbre la messe dans de nombreuses langues (allemand, roumain, hongrois, italien, tchèque…), mais aussi en français. L’église accueille beaucoup de monde. Mais elle reste la propriété de l’Etat.
En 1938, les jésuites rentrent en possession d’une partie de leurs biens en les rachetant, à condition de conserver les locataires qui y résident (parmi lesquels Le Corbusier).
La Seconde Guerre mondiale et l’Occupation n’arrêtent pas les activités de l’église, même si certains jésuites ont été arrêtés par les Allemands et envoyés en camps.
Après la Seconde Guerre, la situation évolue. Les colonies étrangères ont leurs propres paroisses autonomes, il y a donc moins de besoins pour des messes en langue étrangère. Mais les gens du quartier reviennent.

1950-1974. L'église Saint-Ignace

A partir de 1950, l’église devient un lieu d’innovation liturgique. En 1953 sont introduites en semaine des messes du soir face au peuple, avec les lectures en français et les intentions de prières rédigées par les fidèles. Se pose alors la question : L’église deviendra-t-elle une paroisse ? Après réflexions, elle reste la chapelle des jésuites, ouverte au public, sur le territoire de la Paroisse Saint-Sulpice.
Dans les années 1950, on assiste à un grand mouvement de créativité apostolique dans la famille ignacienne. Certaines choses avaient été figées par le passé. Le P. Giuliani lance la revue « Christus » en 1953. Cette même année, les congrégations mariales deviennent les communautés CVX. Les laïcs découvrent la spiritualité ignacienne à travers les Exercices Spirituels. Cela pousse les jésuites à donner à l’église le nom de Saint-Ignace après l’accord de Rome le 6 décembre 1961.
Ce renouveau liturgique continue dans les années 1960. Le P. Joseph Gélineau, musicien, est un grand artisan de ce renouveau avec les liturgies en français. Il faut créer un nouveau répertoire liturgique en français : chants, hymnes, mélodies nouvelles… Il est aidé en cela par Jacques Berthier, compositeur et organiste, et le P. Didier Rimaud.

1974. Le Centre Sèvres

En 1971-1972, faute de pouvoir les rénover, on décide de détruire les anciens bâtiments de la résidence jésuite. La façade est vendue par appartements pour financer les travaux.
A l’époque, la formation des jésuites se fait en deux lieux : à Chantilly pour la philosophie où se trouve une grande propriété, et à Lyon-Fourvière pour la théologie. Les formations sont réunies en un seul lieu, ouvert non seulement aux jésuites, mais aussi aux autres congrégations et aux laïcs qui ont envie de se former à la théologie : c’est le Centre Sèvres qui ouvre ses portes en 1974.

Avec les années suivantes, l’église connaît une grande animation, avec différentes propositions comme par exemple la « Mini-Hosanna ».

2001. Un nouvel espace liturgique

La dernière étape a été le nouvel aménagement liturgique en 2001. Une des visées centrales de la réforme liturgique de Vatican II était de développer la participation des fidèles, en diminuant la distance entre l’autel, la présidence et les fidèles, et de signifier davantage que c’est toute la communauté chrétienne qui célèbre l’Eucharistie, présidée par un prêtre. Un autre point était mis en avant : redécouvrir que pour l’Eucharistie, la participation des fidèles est organisée autour de deux tables : celle de la Parole avec l’ambon, et celle de l’Eucharistique avec l’autel. Il y a un lien très fort entre les deux. Il faut donc que la majorité des personnes soit proche de ces deux tables et voit le lien entre être nourri de la Parole, et être nourri du corps et du sang du Christ. Les choses se sont peu à peu mises en place. Cela a correspondu à la proposition de la « Messe qui prend son temps ». Cet aménagement liturgique fait qu’on sent davantage la communauté lorsqu’on préside l’eucharistie. Cela aide à « faire communauté ». (Pour plus d’infos sur l’aménagement, cliquez ici)

L’histoire continue. C’est une joie que l’église de la Compagnie, où se passent les grands événements (premiers vœux, ordinations, obsèques, venue du Père Général…) soit aussi celle de la famille ignatienne et la vôtre. Souvenons-nous que beaucoup d’autres personnes avant nous sont venues ici pour chercher et se rapprocher du Seigneur. Continuons à faire vivre ce lieu de foi.

Pour en savoir plus :

Guide de l’église St-Ignace, aux Editions Mediasèvres –
En vente au stand de presse de l’église St-Ignace dans le narthex et au Centre Sèvres.

REPERES CHRONOLOGIQUES DE L’HISTOIRE DE L’EGLISE ST-IGNACE

17 octobre 1855 Pose de la première pierre de la construction de l'église Saint-Ignace
1er janvier 1858 Inauguration de l’église Saint-Ignace.
24-26 mai 1871 Pendant l’épisode de la Commune, les Pères jésuites Ducoudray, de Bengy, Clerc, Olivaint et Caubert sont exécutés.
29 juin 1880 Suite aux décrets Ferry, des scellés sont apposés sur la porte, et les prêtres sont expulsés.
Juillet 1884 Réouverture progressive de l’église.
1890 Reprise entière de l’occupation de l’église et des bâtiments autour.
29 septembre 1901 Suite aux lois Waldeck-Rousseau, l’église est fermée et les jésuites dispersés.
14 novembre 1923 Une première messe est célébrée.
1924- 1951 Le service reprend de façon régulière et l’église s’appelle désormais « l’église des étrangers », avec des messes en langues étrangères.
1961 L’église devient « La chapelle Saint-Ignace » rattachée à la paroisse Saint-Sulpice.
1972 Destruction des anciens bâtiments autour de l’église pour construire le Centre Sèvres et les locaux de la Communauté jésuite.
3 décembre 1974 Un incendie ravage la bibliothèque en construction au-dessus de l’église détruisant ou endommageant plusieurs milliers de volumes encore en caisses.
2001 Réaménagement de l’espace liturgique.
2012 Dernière restauration de l’orgue.