UN ESPACE POUR FAIRE GRANDIR LA FRATERNITE

PARTICIPATION AU GRAND DEBAT NATIONAL – JEUDI 21 FEVRIER 2019 – CENTRE SEVRES

Les quatre séries de propositions qui ont été envoyées au Grand Débat National

 

1. Démocratie et citoyenneté

Les pertes de liens nous concernent tous. Il faut sortir d’une société du consumérisme et de l’individualisme pour construire une société nouvelle.

On a souligné la place de quelques acteurs de cette société qu’il fallait nécessairement prendre en compte :

  • La Famille. Prendre soin des familles et de ce qui s’y vit.
  • Place des Jeunes. Valorisation de l’implication des jeunes dans la vie citoyenne. Nécessité de creuser le dialogue entre politiques et jeunes.
  • Rôle des Seniors. Richesse de la transmission : rendre accessible l’expérience des anciens.

Construire une société à partir du plus faible

Valoriser la solidarité qui existe ici et là ; recréer le lien social et interroger dès que notre bien-être personnel vient menacer le bien de l’autre. Il faut développer l’esprit du “Premier de Cordée” qui a pour mission que le dernier, le moins fort arrive jusqu’au bout ; les plus forts doivent tirer les derniers.

Les participants interpellent sur une réflexion à mener en église sur le sens de la réussite.

Construire une société à partir de celui qui nous est étranger (les migrants depuis de longues années) :

  • Acceptation de notre culture commune et celle des autres.
  • Apprendre les langues.
  • Rouvrir les maisons de la culture.
  • Il y aussi la « France qui s’ennuie » : aller à la rencontre de nos semblables en tant que personnes qui portent des réalités sociales, professionnelles, culturelles, intellectuelles très différentes.

Construire une société avec et pour tous.

Création d’espaces, de lieux conviviaux pour le dialogue social qui permettra également de créer et porter des solutions ensemble.

  • Décrypter ensemble les textes.
  • Les réunions de quartiers, les associations.
  • Priorité des actions de proximité.
  • Profiter des technologies pour être ensemble.
  • Trouver des lieux de paroles.
  • Reconnaitre la dignité de l’autre et de ses droits.
  • Privilégier les corps intermédiaires pour renforcer les liens existants (ex. fête des voisins).

Place de l’Europe. Elections européennes : clarifier les programmes de l’Europe, pour aller dans quelle direction ? Priorité à donner à l’amélioration de l’éducation.

Construire une société en puisant dans nos valeurs chrétiennes.

Il faut réapprendre l’écoute avec le cœur et non pas seulement avec la tête. Il ne faut pas s’arrêter au niveau des idées et des opinions car elles changent tout le temps au gré des influences. La question qui se pose à nous est la survie de l’humanité. Beaucoup de personnes n’ont plus la foi. Le diable nous a atteints dans sa capacité à faire de nous des riches et des pauvres. Il faut fédérer des lieux de rassemblements avec tous – car nous sommes tous concernés -, pour revenir à l’enfantement de ce que nous pouvons faire.

Faire avec ses talents. Il faut aussi sortir de l’éloge de la méritocratie qui valorise l’individu qui réussit et par conséquent rend celui qui ne réussit pas responsable de son sort. Il faut engager une bataille culturelle contre le discours où seul les rapports de force existent et où le plus fort décide. À l’instar de la parabole des talents où la question est : “qu’as-tu fait de tes talents ?”, il faut que celui qui réussit se sente redevable de tous ceux qui ont contribué à son succès. Il faut ainsi inviter la société à une conversion, celle de mettre ses talents d’entrepreneur au service de la collectivité.

Nos paroisses doivent être des lieux de (re)création de liens et de confiance, d’évangélisation de la foi, où la responsabilité du chrétien consommateur est réveillée (qu’est-ce que je peux apporter à ma paroisse, à mes amis, à mes voisins ?). Il nous faut lire (et faire lire) les propositions du pape François puis se concentrer sur des choses concrètes et commencer à agir.

Adopter un nouveau regard sur notre monde en changeant le rôle des médias

  • Redire tout le positif de notre pays.
  • Écouter les personnes qui savent donner du sens.
  • Discerner les fake news.
  • Reconnaitre, valoriser et soutenir la vigueur du tissu associatif.
  • Savoir s’émerveiller de la gratuité.
  • Aider par des exemples (l’Europe du nord ?) notre société à adopter une vie plus sobre et cesser de véhiculer le leurre d’une société de consommation qui conduirait au bonheur.

2. Fiscalité et dépenses publiques

Faire de l’argent et du travail des moyens qui redonnent tout leur sens à la solidarité. Humaniser l’économie en tenant compte des plus fragiles.

  • L’impôt est une taxe distributive ; il faut que tout le monde participe à la fiscalité des dépenses publiques et sache en retour ce qui en est fait. La redistribution est importante, il faut lui donner de la visibilité et de l’efficacité. Il faut des mesures symboliques : demander davantage à ceux qui ont des revenus très supérieurs et créer une tranche supérieure pour que les plus riches fassent un signe de solidarité. Question aussi des successions.
  • Il faut simplifier les aides de l’état aux citoyens.
  • Il faut introduire une plus grande différenciation sur les taux TVA.
  • Il faut revoir la rémunération des députés.
  • Le partage du travail à examiner ainsi que les écarts de salaires.
  • Mettre fin au statut de fonctionnaire en CDI pour les nouveaux embauchés ? Il faut revaloriser le rôle des syndicats.

3. Organisation de l’Etat et des Services publics

Reconstruire une politique à la recherche du bien commun, par “le bas” où l’on se parle et où les solutions à inventer sont locales. Soumettre chaque décision politique au tamis de trois questions :

  1. à quelle fin vivre ensemble ?
  2. dans quel collectif vivre ensemble ?
  3. dans quelle limite planétaire ?
  • Revoir certains moyens d’expression : rendre le vote obligatoire et comptabiliser le nombre de votes blancs en annulant l’élection si ces derniers étaient majoritaires au second tour.
  • Prendre des décisions au plus près des personnes et les y associer. Créer des espaces qui développent la démocratie participative et locale (user du référendum). Responsabiliser les acteurs locaux. Simplifier le mille-feuille administratif en réduisant le nombre de communes et en retrouvant la simplicité dans les lois.
  • Renforcer le pouvoir de certaines instances : la Cour des comptes et le Parlement ; rendre ce dernier plus représentatif de la diversité des opinions en intégrant toute la diversité des milieux sociaux. Et pourquoi pas revaloriser le travail des femmes de ménage à l’assemblée nationale ?
  • Expliquer les changements et ne pas se contenter de faire de la communication. Publier des programmes électoraux avec leurs orientations, leur sens.
  • Poser des exigences aux responsables politiques : plus de transparence et un contrôle de leur présence aux réunions, etc. Supprimer l’article 49-3.
  • Améliorer le maillage du pays. Développer le principe de subsidiarité. Agir au niveau mondial et européen et ne pas cautionner l’idée de l’impuissance du gouvernement.
  • Adopter le modèle synodal pour notre vie politique, où l’élite mondiale ne s’en sort pas au dépend des plus pauvres.
  • S’intéresser davantage aux jeunes mais non pas dans la perspective d’en faire des milliardaires…
  • Prendre soin du système éducatif. Augmenter le revenu des enseignants qui vont en ZEP – amélioration de la formation des plus jeunes.
  • Il faut enfin redonner confiance et progresser dans le dialogue social, notamment en travaillant sur la question du “comment accepter que tout ce qu’on demande n’est pas fait ?” Si des solutions sont trouvées, elles ne répondront pas à tout.

4. La transition écologique

Profiter de la transition écologique et planétaire pour inventer un nouveau modèle.

Veiller à notre terre et entrer dans une sauvegarde de la planète qui passe par la sobriété heureuse. Comment contemple-t-on aujourd’hui la nature ? Comment se satisfait-on de choses plus simples ? Comment l’élite accepte de ne pas tout avoir ? Les plus riches consomment beaucoup plus les gaz à effet de serre. S’appuyer sur le texte du pape François, Laudato Si, et proposer de le commenter dans nos paroisses.

  • Profiter de ces questions pour mobiliser les jeunes à la politique.
  • Taxer les fruits et légumes hors saison.
  • Afficher l’empreinte carbone sur tous les produits.
  • Penser à la doctrine sociale de l’église.
  • Importance de l’Europe, vecteur d’espoir.
  • Mettre vraiment en œuvre le traité pour le climat, pour une qualité de vie et de vivre ensemble.