Lumière du Baptême

C’est avec humilité et espérance que nous vous avons demandé de recevoir le baptême lors de la prochaine célébration pascale. Pour nombre d’entre nous, voici longtemps que la foi en Jésus-Christ grandit dans nos cœurs et c’est à l’issue de longues années de réflexion et de prière que nous faisons désormais le choix de rentrer dans son église.  Nés parfois dans une famille catholique, élevés dans le respect de l’Eglise et de ses sacrements sinon par un père et une mère, par des grands-parents, un oncle, un ami, mais sans être nous-même baptisés, nous avons un jour connu cette rencontre avec Dieu. Pour certains mêmes, nos études et nos lectures ont développé une familiarité précoce à l’histoire du christianisme, à ses figures majeures, aux grands textes sacrés : soucieux de comprendre, nous étions peut-être alors conscients, comme le disait si joliment Bernanos, que comprendre, c’est déjà aimer.

Sans doute, nous n’avons pas tous connu la joie explosive d’une nuit de feu, mais plus banalement la maladie ou la mort de ceux que nous aimions. Le chagrin, l’expérience de l’impuissance, nous ont alors ouvert un chemin vers le ciel. C’est dans ces heures que j’ai découvert la prière auprès de Jésus, de sa mère, et j’ai gardé comme vous peut-être, le souvenir des décors où se sont noués mes premiers dialogues avec Dieu : l’église saint-Thomas d’Aquin, le couvent des franciscains de la rue Marie-Rose, le visage d’un saint, une croix. C’est avec gratitude que nous pouvons repenser à ces moments où, au cœur de la souffrance, la prière nous apportait un réconfort dont personne d’autre n’était capable. C’est aussi avec émotion que nous gardons en mémoire, chez les sœurs, les frères et les prêtres que la providence a mis sur notre route, l’hospitalité, le recueillement et le bonheur quotidien de servir.

Le besoin de connaître cette joie inspire alors l’appel vers le baptême. Et pourtant, nombreux sont les obstacles qui nous éloignent de l’autel : l’impression de notre propre indignité, la conviction de ne pas mériter cette joie, de ne jamais espérer assez, plus simplement le sentiment de ne pas être à sa place, d’avoir encore le temps. Pourtant, les années passant, nous méditons comme Marie ces vérités dans notre cœur, et le jour vient.

En frappant à la porte de la communauté Saint-Ignace, dans la fraternité et l’intelligence de mes accompagnateurs, le père Nicolas, Cyrille et Joe, ainsi que des autres catéchumènes, nous avons trouvé le courage d’annoncer à nous-mêmes et aux autres ces vérités. Ma marraine, nos marraines et parrains, sans le savoir parfois, comme sans doute beaucoup de nos aînés dans la foi, nous ont aussi montré le chemin sur la voie du bien. Je veux ici les associer à notre gratitude et notre joie.

La spiritualité accueillie au sein d’une communauté nous enseigne des évidences très simples : jamais, depuis le début de notre route, le Christ ne nous a abandonnés, ni dans le bien, ni dans le mal. Certes, il demeure en nous des insuffisances, mais l’Esprit nous fait un jour ce don immense : nous comprenons que tout ce qui nous éloignait des sacrements doit au contraire nous rapprocher de Dieu. Nous devons, disait saint Paul, être fiers de nos détresses, car elles nous apportent la persévérance, et au bout de celle-ci, l’espérance. C’est pour toutes ces raisons, au cœur des mystères qu’il nous reste à méditer, que nous demandons la lumière du baptême, pour devenir enfin nous-mêmes, pour devenir des personnes dans le regard de Dieu, et demeurer, pour le reste de notre vie, dans l’amitié du Christ.

 

Antoine, au nom des catéchumènes de St-Ignace (lettre lue le 20 mars à la messe de 11h)

 

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